Départ de Paris au petit matin le vendredi 29 janvier. Le thermomètre marque -5°. Arrivée à Ougadougou quelques heures plus tard après avoir transité par Tripoli et Bamako. Le mercure est à plus de 35°.
Dès le lendemain, le trajet en taxi brousse de Ougadougou à Toma (près du Sahel) qui devait durer 5 heures se transforme en une longue expédition de plus de 12 heures, le véhicule surchargé étant tombé en panne sur la piste.
Rouge de poussière, j’arrive à Toma à 8 h du soir et on me prête une mobylette pour rejoindre ma chambre surchauffée. Mais les quelques gouttes de carburant restant au fond du réservoir ne permettent pas de m’acheminer jusqu’au bout et je termine à pied le dernier kilomètre, à la lumière de ma lampe frontale… et en nage !
Le lendemain matin, PALAMANGA, le nouveau stagiaire de la MEC (Mutuelle d’Epargne et de Crédit), m’attend avec impatiente. Le micro fixe, qui a été utilisé par un étudiant pour un rapport via une clé USB prêtée, est plein de virus et l’interrupteur de mise sous tension est bloqué.
Heureusement le portable de secours est encore opérationnel pour assurer la gestion !
Avec mon couteau suisse je change le disque dur (le Plan de Continuité d’Activité était prévu !) et, grâce à un peu d’huile de vidange instillée à l’aide d’une plume d’oiseau, je débloque l’interrupteur.
A midi, tout est de nouveau opérationnel et je peux tranquillement travailler avec Palamanga pour adapter les logiciels, parfaire sa formation aux crédits et à la comptabilité, et préparer les arrêtés de comptes.
A Toma, j’ai mes petites habitudes: j’utilise une mobylette que l’on me prête et je vais manger dans les petites gargotes près du marché.
Dès mon arrivée le premier matin, une femme du quartier où j’interviens est venue me trouver : « Edouard, cette année tu ne bouges pas et c’est nous qui te faisons à manger. On viendra te l’apporter midi et soir à la Mutuelle. Nous ne sommes pas riches, mais tu nous aides, tu nous amènes plein de choses et on veut te remercier ».
Je ne vous cache pas que j’avais la larme à l’œil en entendant cela. J’ai donc fait une cure de riz et de tô (pâte à base de farine de mil, plat quotidien des Burkinabés) avec – heureusement pour digérer – une bière que j’allais acheter au maquis du coin.
Le dernier jour, le Président de la mutuelle, M. Isaïe KY, est venu m’offrir un poulet. Nous avons convenu ensemble d’en faire le repas du soir car le ramener en France semblait un peu compliqué.
Grâce à Pyrénées-Gascogne qui fournit tous les ans du matériel, des logiciels (merci à Gilles Martin), les consommables, la Mutuelle d’Epargne et de Crédit de Toma commence à avoir une informatique qui fonctionne et un peu plus d’efficacité, surtout en matière de recouvrement de crédits.
PALAMANGA – qui a remplacé Germaine (elle vient d’accoucher)- est un petit bijou. Issu d’une famille pauvre, il a réussi à passer le bac de comptabilité et en faisant des petits boulots il a pu se former à l’informatique dans un cyber café de Ouagadougou.
Il est très compétent, efficace, curieux d’apprendre et il a pris immédiatement les choses en main en amenant un peu de rigueur dans une gestion où l’improvisation est souvent le critère dominant. Il représente bien le futur du Burkina.
Le miracle a eu lieu en partie grâce à l’aide de la mobylette, et la MEC de Toma peut continuer à développer le micro-crédit en commençant à diminuer les taux grâce à une meilleure gestion.
Edouard FACHIN. (alias Mac Gyver)
L’autre héros de l’aventure …








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Merci pour l’information toujours actualisées