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Il y a quelques jours, nous vous avons présenté le témoignage de notre collègue Edouard Fachin.

Aujourd’hui, c’est celui d’un élu de Caisse Locale sur la même mission.

Bel exemple de synergie entre élu et salarié…

Jacques HAMEL est Agriculteur. C’est aussi un Elu,  Président de la Caisse Locale de Crédit Agricole d’Aignan dans le Gers. Ses activités sont multiples au service du monde Agricole. Mais depuis maintenant plusieurs années, il met également  son enthousiasme à la disposition du développement international et plus particulièrement de l’agriculture Africaine. Début 2009 il était en mission au Burkina Faso. 

« Depuis 1985, avec l’AFDI Gers (Agriculteurs Français Développement International) nous conduisions diverses actions de développement  à Toma au Burkina Faso avec le double  objectif d’arriver à l’autonomie alimentaire et de mettre en œuvre une organisation paysanne  au service des hommes et des  femmes de cette région souvent frappée par la sécheresse.
En 1995, l’AFDI Gers a créé une Mutuelle d’Epargne et de Crédit de façon à avoir un outil concret pour initier des projets et favoriser les investissements.
Tout au long de ces dernières années, des initiatives multiples ont été conduites et fin 2008, nous avons demandé une évaluation globale de nos actions à un organisme indépendant. Début Février 2009 nous sommes allés prendre connaissance de cette évaluation et initier la suite.

Un élu et un technicien du siège du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, ensemble en pleine brousse, ce concept me séduisait beaucoup. Chacun ses compétences : Edouard devant son ordinateur et moi aux palabres avec le Conseil d’Administration Local et le comité des crédits. Mais bien sûr, Edouard est toujours du bon côté : pendant que j’étais avec les anciens, il a passé la semaine avec la jeune caissière et sous prétexte qu’il y avait beaucoup de travail pour mettre les fiches cartonnées sur l’informatique, il ne s’arrêtait même pas pour manger avec nous à midi! Plaisanterie évidemment car il a beaucoup bossé !

De mon côté, avec mes deux autres amis, nous avons rencontré pendant cinq jours les groupements paysans de la zone dans leurs champs et devant leurs troupeaux, pour évoquer les difficultés, les projets, les rêves aussi. Nous avons parlé Organisation Paysanne, gestion des crédits, et nous avons  expliqué aux anciens que l’on ne gère pas une banque comme on manage le Samu social. Nous avons également  parlé stratégie, politique de l’épargne et des prêts, traitement des risques, déontologie, secret des délibérations, gestion du personnel, formation du Conseil d’Administration, ouverture aux jeunes et aux femmes.
Mais que de soucis pour mes homologues burkinabés :
« c’est difficile de refuser un prêt a un ami »
« c’est difficile de le forcer à rembourser »
« nous les noirs nous n’avons pas la culture du remboursement »
« les femmes prennent leur autonomie, elles remboursent mieux que nous »
« avant on prêtait votre argent, aujourd’hui on prête celui de nos
voisins, c’est plus risqué! »

Quand ils auront pris la vraie mesure de  toutes ces difficultés, ils seront majeurs et plus efficaces dans leur entreprises.  Ainsi nous leur aurons donné la capacité à être reconnus dans leur environnement, à être autonomes et plus performants dans la gestion et  face à leur administration. C’est le pari que nous nous sommes fixés pour eux et avec eux.

Mais nous avons aussi beaucoup écouté et cela fait du bien de revenir aux fondamentaux, aux vraies valeurs…  et nous avons sans doute reçu plus que nous avons apporté.
Affaire à suivre… de très prêt! »

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